Together
Le Sceau de l'Arès et la Foudre
Le silence de la chambre n'était rompu que par le bourdonnement électrique qui émanait encore de la peau d'Hector. L'air était lourd, chargé d'une odeur de sueur, d'ozone et de ce parfum de cuir et de métal qui semblait coller à la peau de mon fils de Zeus. Je le regardais, allongée sur le côté, calée sur mon coude, observant son corps massif s'enfoncer dans le matelas. Il s'était endormi presque instantanément, terrassé par l'épuisement et la décharge d'énergie qu'il m'avait offerte.
Moi ? Je n'avais jamais été aussi éveillée. L'adrénaline de la fille d'Arès ne retombe pas comme ça. J'avais l'impression d'être une prédatrice surveillant son butin, ou une générale inspectant le champ de bataille après une victoire totale.
Mes yeux parcoururent son torse large, cette étendue de peau pâle qui, il y a quelques heures encore, était presque immaculée, à l'exception de ses vieilles cicatrices de guerre et de cette brûlure dévastatrice sur son bras gauche. Maintenant, c'était différent. C'était mon œuvre d'art.
Je tendis une main, mes doigts effleurant délicatement la base de son cou. Là, juste au-dessus de la clavicule, une marque violacée, presque noire au centre, témoignait de la force avec laquelle je l'avais mordu quand le plaisir était devenu trop intense pour être supporté en silence. J'esquissai un sourire cruel et satisfait. Cette marque-là, il allait la porter pendant une semaine au moins. Tout le monde au Camp verrait que le grand Hector Diogenes appartenait à quelqu'un.
Je me souvenais de chaque seconde. La sensation de ses cheveux noirs entre mes doigts, la force de ses épaules alors qu'il refusait de reculer. Et surtout, ce moment où j'avais pris le contrôle total.
— Ne bouge pas, lui avais-je ordonné, la voix brisée par l'excitation.
Il n'avait pas protesté. Il ne protestait jamais quand je devenais sauvage. C'était ce que j'aimais chez lui : sous cette allure de géant calme et posé, il y avait une soumission volontaire à ma propre tempête qui me rendait folle. J'avais enroulé mes jambes autour de son cou, serrant ses épaules puissantes entre mes cuisses, le forçant à rester là, exactement là où j'en avais besoin.
Je sentais encore la chaleur de sa langue, la précision de ses gestes, cette détermination tranquille de fils de Zeus qui voulait conquérir chaque parcelle de mon plaisir. J'avais griffé son dos, mes ongles s'enfonçant dans ses muscles tendus, laissant de longs sillons rouges qui commençaient maintenant à croûter légèrement. À chaque fois qu'il m'avait fait monter plus haut, j'avais marqué ma possession.
Mes yeux descendirent sur son pectoral droit. Une série de petites morsures, comme un collier de perles sanglantes, dessinait une courbe parfaite. J'adorais la façon dont ma peau bronzée contrastait avec la sienne, mais j'adorais encore plus voir le rouge de son sang et le bleu de ses hématomes fleurir sur sa pâleur. C'était comme si je dessinais une carte sur lui. La carte de mon territoire.
Je fis glisser ma main plus bas, sur ses hanches. Là où mes doigts s'étaient ancrés avec une force désespérée au moment de ma délivrance. Il y avait des empreintes de doigts, des taches sombres qui marquaient la peau fine au-dessus de l'os.
— Tu es à moi, Hector, murmurai-je pour moi-même, ma voix n'étant plus qu'un souffle rauque dans l'obscurité de la chambre.
Il bougea dans son sommeil, un léger froncement de sourcils agitant son visage habituellement serein. Même endormi, il dégageait une puissance brute, mais ici, dans mon lit, il était vulnérable. Je fixai l'armure soudée à son avant-bras gauche. Le métal froid semblait absorber la faible lumière de la lune qui filtrait à travers les rideaux. Je savais que cette armure faisait partie de lui, une extension de son corps meurtri par la foudre. J'approchai mes lèvres du métal et y déposai un baiser, avant de remonter le long de son bras pour mordre doucement la peau saine juste au-dessus du coude.
Je voulais qu'il se réveille avec cette sensation. Je voulais qu'à chaque mouvement, à chaque fois que son t-shirt frotterait contre sa peau demain, il se souvienne de ce que j'avais fait de lui.
Je me rappelai la sensation de sa tête entre mes jambes, la pression de mes cuisses contre ses oreilles, l'étouffant presque dans mon besoin de lui. Il n'avait pas essayé de se dégager. Au contraire, il s'était ancré davantage, ses mains massives agrippant mes fesses pour me maintenir contre lui, acceptant chaque griffe, chaque morsure, chaque insulte haletée comme une offrande.
Quand l'explosion était venue, j'avais cru que je le briserais. Mes jambes s'étaient resserrées à en craquer ses vertèbres, et j'avais senti des larmes de pure extase rouler sur mes joues. Lui, il était resté là, solide comme un roc dans la tempête, jusqu'à ce que je retombe, pantelante et vide, sur les draps froissés.
Je me redressai un peu plus pour inspecter son dos. Il était allongé sur le ventre maintenant. La vue était magnifique. Les cicatrices de ses anciens combats se mélangeaient aux miennes, les nouvelles, bien plus fraîches. Les traces de mes ongles étaient comme des éclairs rouges zébrant un ciel de marbre. J'avais marqué ses épaules, ses reins, chaque centimètre de peau que j'avais pu atteindre.
C'était ma manière à moi de dire "je t'aime". La fille d'Arès ne connaissait pas les poèmes ou les fleurs. Elle connaissait le sang, la sueur et les marques de combat. Et Hector... Hector comprenait ce langage mieux que quiconque.
Je passai ma langue sur ma lèvre inférieure, sentant encore le goût de lui. Une pulsion de désir, sourde et persistante, revint brûler au creux de mon ventre. Je n'étais pas rassasiée. Je ne le serais probablement jamais. Posséder un fils de Zeus, c'était comme essayer de dompter l'ouragan ; on en sortait toujours avec des bleus et le souffle court, mais on en redemandait.
Je me collai contre son dos, sentant la chaleur irradier de son corps. Ma poitrine écrasée contre ses griffures, je sentis un frisson me parcourir.
— Réveille-toi, cervelle de foudre, soufflai-je à son oreille, tout en plantant mes dents dans le lobe. La guerre n'est pas finie.
Il grogna, un son profond qui vibra jusque dans mes os. Ses yeux gris s'entrouvrirent, encore embrumés de sommeil, mais dès qu'il sentit mon corps contre le sien, la clarté y revint, ainsi que cette étincelle de défi doux qui m'exaspérait autant qu'elle me charmait.
— Clarisse... murmura-t-il d'une voix enrouée. Tu ne t'arrêtes jamais ?
— Jamais, répondis-je en glissant ma main sur son torse pour trouver une nouvelle place à marquer. Regarde ce que je t'ai fait.
Il baissa les yeux sur son propre corps, inspectant les marques rouges et violettes avec un petit rire incrédule. Il passa sa main sur les morsures de son cou, ses doigts s'attardant sur la plus profonde.
— Tu es une sauvage, dit-il, mais il y avait une fierté immense dans son regard.
— Et tu es mon territoire, répliquai-je en le poussant sur le dos pour reprendre ma place favorite.
Je le regardai dans les yeux, mes cheveux bouclés retombant autour de nous comme un rideau. Je voyais l'admiration dans ses pupilles, la façon dont il vénérait chaque parcelle de ma force. Il ne voyait pas une brute ; il voyait sa reine.
— Montre-moi encore, Hector, ordonnai-je, mes mains redescendant vers ses hanches. Montre-moi que tu peux supporter tout ce que je vais te faire.
Il sourit, un sourire qui n'avait rien de doux cette fois. C'était le sourire du ciel qui s'apprête à s'effondrer sur la terre. Ses mains remontèrent, saisissant mes poignets avec une force qui fit écho à la mienne.
— Avec plaisir, Clarisse.
L'orage éclata à nouveau dans la petite chambre de Phoenix, et cette fois, je savais que les marques que je laisserais seraient définitives. Parce qu'entre le fils de la foudre et la fille de la guerre, il n'y avait pas de place pour la demi-mesure. Il n'y avait que l'absolu, la morsure de l'acier et la brûlure de l'éclair.
Et alors que je me perdais à nouveau dans le chaos de nos corps, je savais qu'au matin, chaque marque sur sa peau serait un trophée que je porterais dans mon cœur, la preuve irréfutable que, même parmi les dieux, rien n'était plus puissant que ce que nous avions créé ici, dans l'ombre et la violence de notre amour.
Je sentis ses mains guider ma tête, ses doigts s'emmêlant dans mes boucles, et je me laissai sombrer, avide de marquer, encore et encore, cet homme qui était devenu mon seul et unique temple. La fille d'Arès avait trouvé son égal, et elle n'allait pas le laisser partir sans lui avoir arraché chaque morceau de son âme, une morsure à la fois.