Together
L'Éclat de l'Orage sous la Peau
Le silence qui avait suivi notre première étreinte était bien trop lourd, bien trop chargé d'une électricité qui ne demandait qu'à exploser de nouveau. Allongée sur le dos, la respiration encore un peu courte, j'observais Hector. Il était là, immense, magnifique, une force de la nature au repos sur mes draps froissés. Sa peau pâle semblait luire dans la pénombre de ma chambre, et les marques que j'y avais laissées — ces morsures violacées sur son cou, ces griffures rouges sur ses épaules — étaient comme des médailles que je lui avais décernées.
Mais ce n'était pas assez. L'adrénaline qui coulait dans mes veines réclamait plus. Je sentais mon corps vibrer, chaque pore de ma peau réclamant à nouveau son contact, sa bouche, sa ferveur. Je me redressai sur mes coudes, mes cheveux bouclés retombant en désordre sur mes épaules.
— Hector, murmurai-je, ma voix plus rauque que d'habitude.
Il tourna la tête vers moi, ses yeux gris s'ancrant dans les miens. Ce regard... il y avait dedans une dévotion que je ne trouvais nulle part ailleurs. Avec lui, je n'avais pas besoin d'être la guerrière invincible, la fille qui ne recule devant rien. Avec lui, je pouvais être moi.
— Oui, Clary ? répondit-il doucement.
— Recommence. Je veux que tu refasses ce que tu as fait tout à l'heure. Tout.
Je vis ses pupilles se dilater. Il ne posa pas de questions. Il savait exactement ce que je voulais. Il se redressa avec une grâce athlétique, ses muscles jouant sous sa peau marquée. Ses mains, larges et rassurantes, vinrent se poser sur mes genoux, remontant lentement le long de mes cuisses. Le contraste entre sa paume fraîche et ma peau brûlante me fit frissonner.
— Tout ce que tu voudras, chérie, souffla-t-il.
Il commença par m'embrasser, mais cette fois, c'était différent. Ce n'était plus l'urgence du lycée, ce n'était plus la précipitation des toilettes. C'était une exploration lente, méthodique. Ses lèvres parcoururent mon visage, déposant des baisers légers sur mes paupières, sur le bout de mon nez, avant de s'attarder sur ma bouche. Sa langue vint taquiner la mienne, un jeu de va-et-vient qui me fit gémir doucement.
Puis, il descendit.
Je fermai les yeux, me laissant porter par ses mouvements. Je sentis son nez tracer une ligne imaginaire le long de ma gorge, là où mon pouls battait la chamade. Il s'arrêta sur la naissance de mes seins, sa respiration chaude provoquant des vagues de chaleur dans tout mon corps. Il prit son temps, savourant chaque centimètre de ma peau bronzée, ses lèvres marquant mon torse de baisers humides.
— Tu es si belle, Clary, murmura-t-il contre ma peau.
— Tais-toi et continue, Hector, ordonnai-je, bien que le ton soit dépourvu de toute agressivité.
Je sentis ses mains glisser sous mes fesses pour me soulever légèrement, m'attirant vers le bord du lit. Il se laissa glisser au sol, s'agenouillant entre mes jambes que j'écartai instinctivement pour lui laisser la place. Le contact de l'air frais sur mon intimité me fit tressaillir, mais l'attente de ce qui allait suivre était bien plus forte.
Hector posa ses mains sur l'intérieur de mes cuisses, ses pouces massant doucement la peau sensible. Il leva les yeux vers moi une dernière fois, une promesse silencieuse dans le regard, avant de plonger.
Le premier contact de sa langue fut comme une décharge électrique. Je sursautai, mes mains s'agrippant aux draps jusqu'à ce que mes jointures blanchissent. Il commença par de larges mouvements circulaires, explorant les replis de ma chair avec une patience infinie. C'était une torture exquise. Je sentais la texture de sa langue, tantôt douce, tantôt plus ferme, alors qu'il remontait lentement vers le centre de mon plaisir.
— Oh, chérie... soufflai-je, la tête renversée en arrière.
Il ne s'arrêta pas. Au contraire, il intensifia ses caresses. Ses mains ne restaient pas immobiles ; il pétrissait mes hanches, ses doigts s'enfonçant parfois un peu plus fermement dans ma chair, me maintenant exactement là où il le souhaitait. Je me sentais totalement à sa merci, et pour la première fois de ma vie, cette sensation ne m'effrayait pas. Je lui faisais confiance.
Puis, il trouva mon clitoris.
L'impact fut immédiat. Une onde de choc parcourut ma colonne vertébrale. Hector sembla le sentir, car il focalisa toute son attention sur ce point précis. Sa langue se fit plus pointue, plus insistante. Il alternait entre des pressions lentes et des battements rapides, créant un rythme qui me faisait perdre tout sens de la réalité.
Je n'étais plus Clarisse La Rue, la meneuse, la forte. J'étais juste une femme vibrant sous les caresses de l'homme qu'elle aimait.
— Hector... s'il te plaît...
Mes mains quittèrent les draps pour venir se perdre dans ses cheveux noirs. Je guidais ses mouvements, pressant sa tête contre moi, voulant qu'il s'imprègne de mon odeur, de mon goût, de tout ce que j'étais. Il répondit en aspirant doucement ma chair, une sensation si intense que je crus que mon cœur allait lâcher.
Chaque mouvement de sa langue était une caresse calculée pour me pousser vers le bord de l'abîme. Je sentais la tension monter en moi, une boule de feu se formant au creux de mon ventre, s'étendant vers mes membres. Mes jambes tremblaient, mes orteils se crispaient.
— C'est ça, mon amour, murmura-t-il entre deux caresses, sa voix vibrant contre mon sexe. Laisse-toi aller. Je te tiens.
Ces mots furent le déclic. Je me laissai sombrer. Le rythme de sa langue s'accéléra encore, devenant une force irrésistible. Je sentais ses doigts s'insérer en moi, imitant le mouvement de son souffle, créant une symphonie de sensations qui me submergea totalement.
L'orgasme me frappa avec la violence d'un orage d'été. Je criai son nom, mon corps se cambrant violemment alors que des vagues de plaisir me traversaient. Hector ne s'arrêta pas tout de suite, il continua de me bercer de sa langue jusqu'à ce que les spasmes se calment, m'accompagnant doucement vers la terre ferme.
Lorsqu'il se redressa enfin, son visage était légèrement humide, ses lèvres rougies, et ses yeux gris brillaient d'une satisfaction profonde. Il remonta sur le lit et s'allongea à mes côtés, m'attirant contre son torse puissant.
— Ça va, chérie ? demanda-t-il en déposant un baiser sur mon front trempé de sueur.
Je ne pus que hocher la tête, incapable de prononcer un mot cohérent. Je me blottis contre lui, ma tête nichée dans le creux de son épaule, écoutant le battement régulier de son cœur. La chaleur de son corps, la sécurité de ses bras... c'était tout ce dont j'avais besoin.
— Tu es incroyable, Hector, finis-je par murmurer.
— Non, Clary. C'est nous qui sommes incroyables.
Je relevai la tête pour le regarder. Le fils de Zeus, avec son armure soudée au bras et ses cicatrices, me souriait avec une telle tendresse que j'en eus presque le souffle coupé. Dans ce moment, loin des champs de bataille et des attentes divines, nous n'étions que deux adolescents découvrant la force d'un lien que rien ne pourrait briser.
Je passai ma main sur sa poitrine, effleurant les marques que j'y avais laissées plus tôt.
— Je crois que je t'ai un peu trop mordu, dis-je avec un petit sourire coupable.
Il attrapa ma main et déposa un baiser sur ma paume.
— Ne t'excuse jamais pour ça. J'aime tes marques. Elles me rappellent que je suis à toi.
Je l'embrassai à nouveau, un baiser doux et persistant. La tension sexuelle était retombée, remplacée par une intimité profonde et paisible. Nous restâmes ainsi un long moment, enlacés dans le silence de la chambre, alors que le soleil commençait à décliner à l'extérieur, jetant de longues ombres dorées sur les murs.
— Hector ?
— Oui, mon amour ?
— Merci d'être venu me voir au lycée. Même si c'était complètement stupide de ta part.
Il rit, un son clair qui réchauffa mon cœur.
— Je le referais mille fois s'il le fallait. Rien n'est trop stupide pour toi.
Je me serrai un peu plus contre lui, fermant les yeux. Pour la première fois de ma vie, je me sentais parfaitement à ma place. Pas sur un champ de bataille, pas en train de prouver ma valeur à mon père, mais ici, dans les bras d'un garçon qui me voyait telle que j'étais vraiment.
— Je t'aime, Hector.
Le silence qui suivit fut court, mais chargé d'une émotion pure.
— Je t'aime aussi, Clary. Plus que tout.
Nous finîmes par nous endormir ainsi, peau contre peau, alors que l'obscurité enveloppait la maison. Les marques sur nos corps s'effaceraient avec le temps, mais le souvenir de cette après-midi, de cette première fois où nous nous étions vraiment donnés l'un à l'autre, resterait gravé en nous pour toujours.
Le lendemain, il faudrait retourner à la réalité. Il faudrait affronter les monstres, les quêtes et les colères divines. Mais ce soir, nous étions invincibles. L'orage et l'acier s'étaient rencontrés, et de leur union était née une paix que personne ne pourrait nous enlever.
Alors que je sombrais dans un sommeil sans rêves, ma dernière pensée fut pour ses mains sur mes hanches, sa langue contre ma peau, et la certitude que, quoi qu'il arrive, Hector Diogenes serait toujours mon port d'attache dans la tempête. Et moi, sa guerrière, sa Clary, je protégerais ce que nous avions avec une férocité que même les dieux n'oseraient défier.