Together
La Marque du Trône et de la Foudre
Le Camp des Sang-Mêlé était une fournaise sous le soleil de juillet, mais pour moi, l’air semblait chargé d'une tension bien plus électrique que la météo ne le suggérait. Je marchais près de l’arène, mon armure d’avant-bras brillant sous l'éclat de midi, conscient de chaque regard qui se posait sur moi. Mais ce n’était pas l’admiration des nouvelles recrues pour le fils de Zeus que je recherchais.
Je voulais qu’ils voient.
Je voulais que chaque enfant d’Apollon, chaque fils d’Hermès et surtout chaque brute de la cabine d'Arès remarque les marques sur mon cou. La morsure que Clarisse avait laissée hier soir, près de la rivière, était encore d'un pourpre vif, une estafilade de possession que je ne faisais rien pour cacher. Au contraire, je gardais la tête haute, offrant ma gorge au soleil comme on expose un trophée. Je n'étais pas seulement Hector Diogenes, le guerrier calme et puissant ; j'étais le territoire conquis de Clarisse La Rue. Et cette pensée me procurait une satisfaction sauvage, une fierté que mon père, sur son trône de l'Olympe, aurait probablement jugée indigne.
Soudain, une ombre familière barra mon chemin. Clarisse se tenait là, sa lance électrique, Maimer, à la main. Elle était entourée de ses frères, Sherman et Ellis, et son visage était un masque de mépris soigneusement sculpté.
— Alors, Diogenes ? On se pavane parce qu'on a réussi à ne pas se faire foudroyer par son propre père cette semaine ? lança-t-elle d'une voix forte, assez pour que les curieux s'arrêtent.
Je m'arrêtai à quelques centimètres d'elle. Sa présence était un brasier. Je sentais l'odeur de cuir, de sueur et de cette fragrance de sauge qui ne la quittait jamais.
— Je n'ai pas besoin de me pavaner, La Rue. Ma simple présence suffit à éclipser tes gesticulations.
Elle pointa le bout de sa lance contre mon pectoral, juste au-dessus de mon cœur. Je sentis le crépitement de l'arme, une menace qui me fit frémir, non pas de peur, mais d'une anticipation brûlante.
— Fais attention, fils de Zeus. Un jour, je te mettrai à genoux devant tout le monde. Tu n'es qu'un sac de vent décoré.
Elle s'approcha, son visage à quelques millimètres du mien. Ses yeux noirs brûlaient d'une promesse que nous seuls pouvions comprendre.
— Dégage de mon chemin avant que je ne décide de tester la résistance de ta peau sur ce bronze, cracha-t-elle.
Je souris, un sourire lent et provocateur. Elle tourna les talons, ses frères ricanant derrière elle. Je restai là, immobile, savourant le jeu. Je savais ce qui m'attendait. Je savais que cette insulte publique n'était que le prélude à une reddition privée bien plus intense.
***
La nuit tomba enfin sur Long Island, étouffant les bruits du camp sous un manteau de grillons et de brise marine. Dans la cabine 1, le silence était absolu. Les statues de mon père me fixaient de leurs yeux de marbre, mais je ne leur prêtais aucune attention. J'étais assis sur mon lit simple, le torse nu, attendant.
Un grattement discret à la fenêtre. Puis, une silhouette agile se glissa à l'intérieur. Clarisse.
Elle ne portait plus son armure, seulement un débardeur noir et un short de combat. Elle s'approcha de moi, son regard parcourant mon corps avec une faim qui n'avait rien de simulé cette fois.
— Tu as été particulièrement arrogant aujourd'hui, murmura-t-elle en s'arrêtant devant moi.
— C'est toi qui as commencé, guerrière. J'ai encore la trace de ta lance sur ma poitrine.
Elle posa sa main sur la marque rouge, ses doigts calleux traçant le cercle de l'impact. Puis, sans prévenir, elle me poussa sur le dos.
— J'ai dit que je te mettrais à genoux, Hector. Mais je pense que je préfère te voir comme ça. Soumis à ma volonté.
Elle monta sur le lit, sa présence dominant mon espace. Mais au lieu de m'embrasser, elle attrapa mes mains et les plaqua au-dessus de ma tête. Elle me fixa longuement, ses pupilles dilatées dans l'obscurité.
— Je suis venue m'excuser pour ma rudesse, dit-elle avec un sourire carnassier qui n'avait rien d'apologétique. Mais avant, je dois te rappeler qui commande ici. Même si c'est ton lit, c'est mon territoire.
Elle se redressa, se mettant à genoux au-dessus de mon visage. Elle saisit le bord de son short et le fit glisser, révélant son intimité déjà brûlante. Je sentis mon souffle se bloquer.
— Regarde-moi, Hector.
Elle descendit lentement. Je sentis la chaleur de sa peau, le parfum musqué de son désir qui m'envahissait. Elle s'assit lourdement sur mon visage, son poids m'étouffant délicieusement. C'était une prise de possession absolue. Elle pressa son intimité contre ma bouche, m'obligeant à goûter sa force, sa saveur, sa victoire.
Je tentai de bouger la tête, de chercher de l'air, mais elle renforça sa pression, ses mains s'appuyant sur mes épaules pour s'ancrer. Elle commença à bouger, un mouvement de va-et-vient lent et torturant, frottant sa féminité contre mes lèvres et mon nez. Je ne pouvais que respirer son essence, me perdre dans la chaleur humide de son corps.
— Utilise ta langue, Diogenes, ordonna-t-elle, sa voix vibrant d'un plaisir autoritaire. Travaille pour moi.
J'obéis. J'ouvris la bouche, ma langue trouvant son chemin dans les replis de sa chair. Elle laissa échapper un gémissement guttural, un son de pure satisfaction guerrière. Je léchais, j'aspirais, je me dévouais entièrement à son plaisir, prisonnier sous elle. La sensation était enivrante ; j'étais le piédestal sur lequel ma reine célébrait son triomphe.
Elle accéléra le mouvement, ses hanches décrivant des cercles frénétiques. Je sentais ses muscles se tendre, ses cuisses m'enserrer la tête. L'électricité commença à crépiter dans la pièce, de petites étincelles bleutées dansant entre ma peau et la sienne.
— Oui... comme ça... c'est ta place, Hector... juste là...
Elle atteignit son sommet dans un spasme violent, son corps entier vibrant contre mon visage. Elle resta ainsi quelques instants, haletante, me privant d'air jusqu'à ce que je sois au bord de l'évanouissement, avant de se laisser glisser sur le côté.
Elle s'allongea contre moi, sa peau trempée de sueur collant à la mienne. Elle posa sa tête sur mon épaule, son souffle court brûlant mon cou.
— Voilà, murmura-t-elle, sa voix redevenue douce, presque timide. Mes excuses sont faites.
— Si c'est comme ça que tu t'excuses, La Rue, je vais m'assurer que tu sois en colère contre moi tous les jours.
Elle laissa échapper un petit rire étouffé et se blottit contre mon flanc. Je passai mon bras valide autour d'elle, la serrant contre moi. Le lit simple était étroit, nous obligeant à fusionner nos membres, à ne former qu'un seul bloc de chair et de muscles.
— Tu es à moi, Hector, dit-elle en traçant du doigt la cicatrice de foudre sur mon bras. Devant les autres, je te piétinerai. Je t'insulterai. Mais ici... ici, tu es mon seul port d'attache.
— Je ne voudrais être nulle part ailleurs, Clary.
Je tournai la tête pour l'embrasser, un baiser lent, profond, qui goûtait encore son propre plaisir. Ses mains trouvèrent mon visage, ses pouces caressant mes pommettes avec une tendresse qu'elle ne montrerait jamais à la lumière du jour.
— Dors, fils de Zeus, chuchota-t-elle. Demain, la guerre recommence.
— Demain, je serai ton bouclier.
Nous restâmes ainsi, enlacés sur ce lit trop petit pour deux guerriers, mais parfait pour deux amants. Les statues de Zeus pouvaient bien nous juger, le monde pouvait bien s'écrouler, rien n'avait d'importance tant que je sentais le poids de Clarisse contre moi.
Je m'endormis avec l'odeur de l'ozone et de la sauge dans les narines, le cœur battant au rythme de la fille d'Arès, conscient que, peu importe les apparences, j'étais l'homme le plus puissant du camp, car j'étais le seul qu'elle laissait entrer dans son sanctuaire.
L'orage s'était apaisé, laissant place à une paix sauvage, gravée dans le bronze et le sang.