Together
L'Empreinte du Plâtre et de la Foudre
Le plâtre blanc qui enserrait l'avant-bras droit d'Hector contrastait violemment avec la peau mate de Clarisse alors qu'elle le traînait, avec une impatience non dissimulée, vers les quartiers privés de la cabine d'Arès. Hector boitait encore légèrement, s'appuyant sur sa béquille de bronze, mais son regard gris, autrefois calme comme un ciel d'avant-tempête, brûlait d'une intensité nouvelle.
— Diogenes, tu es trop lent, grogna-t-elle en claquant la porte de sa chambre derrière eux.
Elle le poussa contre le bureau en chêne massif qui trônait dans un coin de la pièce, un meuble couvert de cartes tactiques et de pierres à aiguiser. Hector laissa tomber sa béquille dans un fracas métallique et s'appuya contre le rebord du meuble, le souffle court. Son bras plâtré reposait lourdement sur le bois sombre.
— C'est toi qui as insisté pour que je sorte de l'infirmerie, Clary, rappela-t-il avec un sourire en coin. Si Will Solace nous trouve ici, il va me recoudre les lèvres.
Clarisse s'avança, ses mains trouvant immédiatement les hanches d'Hector. Elle remonta ses doigts sous son t-shirt, sentant la chaleur irradier de sa peau.
— Will Solace peut aller se faire voir. J'en ai assez de te voir allongé dans ce lit blanc à boire du nectar tiède. Je veux sentir que tu es vivant.
Elle se hissa sur la pointe des pieds, ses lèvres frôlant son oreille.
— Je veux que tu me montres que ce bras cassé ne t'empêche pas de me dompter.
Hector sentit une décharge d'adrénaline, plus puissante que n'importe quelle étincelle électrique, parcourir son corps. Il posa sa main valide sur la nuque de Clarisse, ses doigts s'emmêlant dans ses boucles brunes. De l'autre côté, il leva son bras plâtré. Le matériau froid et rugueux vint se caler sous le menton de la jeune femme, l'obligeant à lever les yeux vers lui.
— Tu veux jouer à ça, chérie ? murmura-t-il, sa voix devenant plus profonde, plus rauque. Tu sais que je ne fais pas dans la dentelle, même avec un seul bras.
Clarisse sentit un frisson délicieux lui traverser l'échine. Le contact du plâtre contre sa gorge était étrange, presque brutal, et cela l'excitait au-delà de toute raison. Elle aimait cette sensation de force entravée, cette puissance qui ne demandait qu'à déborder.
— Prouve-le, Diogenes.
Hector ne se le fit pas dire deux fois. D'un mouvement brusque, il la fit pivoter et la plaqua contre le bureau, face contre les cartes. Clarisse laissa échapper un glapissement de surprise qui se mua en un gémissement quand elle sentit le poids du corps d'Hector s'écraser contre son dos.
Il utilisa son bras valide pour maintenir ses deux poignets au-dessus de sa tête, tandis que son avant-bras plâtré venait se presser fermement contre ses reins, la clouant au meuble.
— Tu voulais voir si je pouvais te contrôler ? souffla-t-il contre son cou, avant d'y planter ses dents.
Clarisse arqua le dos, ses ongles griffant le bois du bureau. Elle sentait chaque centimètre de lui, la dureté de son torse, la chaleur de son souffle, et surtout, cette pression constante du plâtre qui lui rappelait qu'il ne reculerait devant rien. Hector prit son temps, explorant chaque parcelle de sa nuque avec ses lèvres, tandis que sa main valide descendait pour caresser ses hanches avec une précision chirurgicale.
Il ne cherchait pas son propre plaisir, pas encore. Il voulait la voir se briser, la voir supplier pour en avoir plus. Et quand Clarisse commença à haleter, son corps vibrant sous ses touches expertes, il sut qu'il avait gagné cette manche.
***
Plus tard, la vapeur envahissait la salle de bain privative de la cabine. L'eau tombait en cascade, créant un rideau de brume qui masquait les angles de la pièce. Hector était assis sur le rebord de la douche, son bras plâtré protégé par un sac plastique scellé avec du ruban adhésif, une précaution dérisoire face à la fureur de Clarisse.
Elle était debout entre ses jambes, ses mains savonnant son torse musclé, évitant soigneusement les bandages qui subsistaient sur ses côtes.
— Tu es si pâle, Hector, murmura-t-elle, ses doigts traçant le contour de ses pectoraux. On dirait une statue de marbre.
Il attrapa ses mains, les immobilisant.
— Une statue qui a très envie de te mordre, mon amour.
Il la tira brusquement vers lui, la forçant à s'agenouiller entre ses genoux. L'eau chaude ruisselait sur eux, collant les cheveux de Clarisse à son visage. Hector utilisa sa main valide pour relever son menton, ses yeux gris brillant d'une lueur prédatrice.
— À ton tour, Clarisse. Je veux te sentir. Partout.
Elle ne protesta pas. Elle se laissa guider par ses mains, par ses murmures. Hector dominait chaque mouvement, chaque souffle. Même avec son bras entravé, il dégageait une autorité naturelle qui la subjuguait. Il utilisait son plâtre pour écarter ses mèches de cheveux, la rugosité du matériau frottant contre sa joue, créant un contraste saisissant avec la douceur de ses lèvres quand il l'embrassait.
Il faisait passer son plaisir avant tout. Il la connaissait par cœur, savait exactement où presser, comment la faire frissonner. Et quand elle atteignit son sommet, criant son nom sous le jet d'eau, il la tint fermement, son bras plâtré agissant comme une ancre dans la tempête.
***
La nuit était tombée sur le Camp des Sang-Mêlé quand ils se glissèrent vers le lac de Canoë. La surface de l'eau était un miroir noir, seulement troublé par les reflets de la lune. Le silence était total, interrompu seulement par le bruissement des feuilles dans les bois environnants.
Clarisse s'assit sur le ponton de bois, ses jambes pendant au-dessus de l'eau fraîche. Hector s'installa derrière elle, l'enveloppant de ses bras. Son plâtre reposait sur l'épaule de Clarisse, une marque blanche dans l'obscurité.
— C'est paisible, ici, dit-il doucement.
Clarisse se tourna vers lui, ses yeux noirs cherchant les siens.
— Je déteste le calme, Diogenes. Tu le sais.
Il rit, un son bas et mélodieux.
— Je sais. C'est pour ça que je t'aime.
Il la fit basculer sur le bois brut du ponton. Clarisse sentit les aspérités des planches contre son dos, mais elle s'en moquait. Elle voulait Hector. Elle voulait l'orage.
— Domine-moi, Hector. Ne me laisse aucune chance.
Il s'exécuta. Cette fois, il n'y avait plus de douceur. C'était une lutte de pouvoir, une collision de deux forces de la nature. Hector utilisait son poids, sa stature, et ce bras plâtré qui semblait être devenu une extension de sa propre volonté. Il la clouait au ponton, ses baisers étant des revendications, ses mains des chaînes.
Clarisse adorait ça. Elle adorait sentir la rudesse du plâtre contre ses poignets quand il les maintenait au sol. Elle adorait la façon dont il la regardait, comme s'il était prêt à brûler le monde pour elle.
L'électricité commença à crépiter autour d'eux, de petites étincelles bleues dansant à la surface du lac. L'eau semblait réagir à leur passion, de légères vagues venant frapper les piliers du ponton en rythme avec leurs mouvements.
Hector ne la lâchait pas du regard. Il voulait voir chaque émotion passer sur son visage, chaque éclair de plaisir, chaque moment de reddition. Et quand il se laissa enfin aller, son cri se perdit dans le vent de la nuit, tandis que les étincelles s'intensifiaient, illuminant le lac d'une lueur surnaturelle.
***
Le lendemain matin, la lumière crue du soleil filtrait à travers les rideaux de la cabine d'Arès. Hector était allongé sur le lit, son bras plâtré reposant sur son front. Clarisse était blottie contre son flanc, sa tête sur son épaule.
— Tu vas avoir des ennuis pour être resté ici toute la nuit, nota-t-elle, bien que le ton soit dénué de toute inquiétude.
— Ça en valait la peine, répondit-il en l'embrassant sur le sommet de la tête.
Clarisse passa ses doigts sur le plâtre. Il était couvert de quelques éraflures dues à leurs aventures de la veille, mais il tenait bon.
— Tu sais, Diogenes... j'aime bien ce plâtre. Il te donne un air... dangereux.
Hector rit et se tourna vers elle, l'emprisonnant sous son corps.
— Dangereux, hein ? Tu n'as encore rien vu, chérie. Attends que je puisse utiliser mes deux mains.
Clarisse sourit, un sourire plein de promesses sombres.
— J'ai hâte.
Ils restèrent ainsi un moment, profitant du calme avant que le camp ne s'éveille tout à fait. Hector, malgré sa domination, veillait toujours à ce que Clarisse soit à l'aise, à ce qu'elle se sente aimée. C'était sa manière à lui d'être son protecteur, son ancre.
— Je t'aime, Clary, murmura-t-il contre son cou.
— Je sais, Diogenes. Je sais.
Elle ferma les yeux, se laissant bercer par le battement régulier de son cœur. L'orage s'était calmé pour le moment, mais elle savait qu'il ne demandait qu'à éclater de nouveau. Et elle serait là, prête à l'affronter, prête à se perdre dans la foudre.
Hector resserra sa prise, son bras plâtré l'entourant fermement. Il était le fils de Zeus, elle était la fille d'Arès. Leurs pères pouvaient bien se détester, ils s'en moquaient. Ici, dans cette petite chambre, il n'y avait que l'acier et la foudre, unis par une passion que rien ne pourrait briser.
— On devrait peut-être aller manger ? suggéra Hector après un long silence.
— Dans dix minutes, répondit Clarisse en se blottissant davantage. Pour l'instant, reste là. Ne bouge pas.
Il n'avait aucune intention de bouger. Il était exactement là où il voulait être. Avec sa guerrière, sa Clary, son amour. Et alors que le soleil montait dans le ciel, illuminant le camp, ils restèrent enlacés, deux âmes liées par les cicatrices et le désir, attendant que l'appel du combat les rappelle à la réalité.
Mais pour l'instant, il n'y avait que le murmure de leur respiration et la promesse d'autres nuits, d'autres douches et d'autres lacs.
— Tu es à moi, Hector, murmura-t-elle avant de se rendormir.
— À jamais, chérie. À jamais.