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Together

L'Éveil du Tonnerre sous la Peau

Le craquement sec du plâtre que l'on cisaille est l'un des sons les plus satisfaisants que j'aie jamais entendus. Will Solace maniait ses instruments avec une précision agaçante, mais je m'en fichais. Mes yeux étaient fixés sur le bras d'Hector — Diogenes, mon grand idiot de fils de Zeus — qui émergeait enfin de sa prison de calcaire. La peau en dessous était pâle, un peu flétrie, mais les muscles étaient toujours là, puissants, impatients.

— Voilà, fit Will en essuyant son front. Articulation un peu raide, mais le nectar a fait des miracles. Évite de soulever des chars d'assaut pendant vingt-quatre heures, d'accord ?

Je ne lui laissai pas le temps de finir. J'attrapai Hector par son bras valide et le tirai hors de l'infirmerie avant même que le fils d'Apollon puisse ranger son matériel.

— Clarisse, doucement, rit Hector de sa voix grave et traînante. Je viens juste de retrouver l'usage de mes membres.

— Raison de plus pour ne pas perdre une seconde, grognai-je, le cœur battant à tout rompre.

Nous traversâmes le camp comme une traînée de poudre. Je sentais les regards des autres pensionnaires, mais je m'en balançais. J'avais passé des semaines à jouer l'infirmière, à le regarder dormir, à l'aider à manger, à bouillir de frustration parce que je ne pouvais pas le toucher comme je le voulais sans risquer de rouvrir ses plaies. Aujourd'hui, la dette allait être payée.

Une fois dans ma cabine, je verrouillai la porte avec une violence qui fit trembler les murs. Je me tournai vers lui, prête à lui sauter dessus, mais Hector fut plus rapide. Il posa sa main — sa main libre, enfin — sur mon torse, juste au-dessus de mon cœur.

— Non, Clary, murmura-t-il. Pas comme ça.

— Quoi ? Tu te moques de moi ?

— Tu t'es occupée de moi pendant des semaines. Tu as été ma force quand je n'en avais plus. Ce soir, c'est moi qui m'occupe de toi. Et tu ne vas pas lever le petit doigt.

Ses yeux gris n'étaient plus calmes. Ils étaient chargés d'une électricité statique qui faisait dresser les poils sur mes bras. Il fit un pas vers moi, immense, magnifique, et je reculai jusqu'à ce que mes mollets frappent le bord de mon lit.

— Assieds-toi, ordonna-t-il.

Je m'exécutai, le souffle court. Hector s'agenouilla entre mes jambes, ses mains remontant lentement le long de mes bottes de combat. Il commença à les délacer avec une lenteur calculée, ses doigts frôlant ma peau à chaque mouvement.

— Diogenes, je n'ai pas besoin de préliminaires de trois heures...

— Tais-toi, chérie. Écoute-moi pour une fois.

Il retira mes bottes, puis mes chaussettes, avant de poser ses mains sur mes pieds nus. Il commença à les masser, ses pouces appuyant avec une force parfaite sur mes voûtes plantaires fatiguées. Puis, sans prévenir, il inclina la tête et lécha la courbe de mon coup-de-pied. Je sursautai, un gémissement s'échappant de mes lèvres.

— Hector...

Il ne répondit pas. Il remonta le long de mes mollets, ses lèvres déposant des baisers brûlants sur ma peau bronzée. Ses mains trouvèrent le bord de mon short de sport et, d'un geste fluide, il me déshabilla le bas du corps. Je me retrouvai en simple sous-vêtement, exposée à son regard dévorant.

Il ne s'arrêta pas. Il remonta sur ses genoux, ses mains se glissant sous mon t-shirt. Il le souleva lentement, révélant mon ventre, mes côtes, mes cicatrices. Quand le tissu passa par-dessus ma tête, il le jeta au sol sans quitter mes yeux.

— Tu es si belle, mon amour, souffla-t-il. Chaque marque sur toi est un trophée.

Il commença son exploration. Il ne se contentait pas d'embrasser ; il marquait. Ses dents trouvèrent la naissance de mon épaule et il mordit, assez fort pour laisser une trace, avant de lécher la douleur pour la transformer en un brasier de plaisir. Sa langue descendit vers mes seins, tournant autour de mes mamelons durcis à travers la dentelle fine de mon soutien-gorge. Il aspira le tissu, créant une sensation de succion qui me fit cambrer le dos, mes mains cherchant ses cheveux.

— Non, Clary. Les mains derrière le dos.

— Tu es sérieux ?

— Très sérieux.

Je grognai mais j'obéis, mes mains se rejoignant dans mon dos, me forçant à bomber la poitrine. C'était une torture exquise. Hector détacha mon soutien-gorge avec ses dents, un exploit qui me fit lâcher un rire nerveux, mais le rire mourut dans ma gorge quand sa bouche chaude enveloppa enfin mon sein droit. Il tétait, mordillait, sa langue faisant des ravages sur ma peau sensible.

Je sentis une première vague de chaleur exploser au creux de mes reins. C'était trop. Trop intense, trop soudain.

— Hector, s'il te plaît...

Il remonta vers mon visage, capturant mes lèvres dans un baiser qui goûtait l'orage et la faim. Sa main — celle qui était dans le plâtre quelques heures plus tôt — descendit entre mes jambes, pressant à travers mon slip. Il frotta doucement, puis plus fermement, trouvant le rythme exact qui me faisait perdre la tête.

— C'est ça que tu veux, chérie ? demanda-t-il contre ma bouche.

Je ne pouvais plus parler. Je ne pouvais que hocher la tête frénétiquement. Il glissa deux doigts sous l'élastique et trouva mon intimité déjà trempée. Le contact fut comme une décharge électrique. Ses doigts bougeaient avec une agilité diabolique, imitant le mouvement de sa langue sur mon cou.

La première explosion me frappa violemment. Mon corps se tendit, mes ongles s'enfonçant dans mes propres paumes puisque je n'avais pas le droit de le toucher. Je criai son nom, le visage enfoui dans son cou, alors que les spasmes me secouaient.

— Un, murmura-t-il à mon oreille avec un sourire sombre. On ne fait que commencer.

Il ne me laissa pas le temps de redescendre. Aussitôt que les tremblements s'apaisèrent, il me fit basculer sur le dos, mes jambes pendant de chaque côté du lit. Il s'attaqua à mon ventre, léchant chaque cicatrice, descendant centimètre par centimètre. Il retira mon dernier vêtement d'un geste sec et écarta mes cuisses.

— Hector, regarde-moi...

Il leva les yeux, son visage entre mes jambes, et je vis une dévotion si pure que j'en eus le souffle coupé. Puis, il plongea.

Sa langue était une arme de destruction massive. Il léchait de bas en haut, de longs traits lents qui me faisaient gémir, avant de se concentrer sur mon clitoris avec une ferveur terrifiante. Il aspirait, mordillait doucement, ses mains pétrissant mes fesses pour me maintenir contre lui.

La deuxième vague fut plus forte que la première. Un orgasme puissant, profond, qui me fit pleurer de frustration parce que je voulais le serrer contre moi, je voulais sentir sa peau contre la mienne, mais il maintenait mes poignets au-dessus de ma tête d'une seule main, solide comme un roc.

— Deux, souffla-t-il en remontant pour m'embrasser, me faisant goûter mon propre désir.

Il me retourna sur le ventre sans ménagement. Je sentis son torse brûlant contre mon dos, le contraste de sa peau pâle contre la mienne. Il commença à embrasser ma colonne vertébrale, vertèbre après vertèbre, descendant jusqu'à la naissance de mes fesses. Il mordit la chair ferme de mes hanches, laissant des marques rouges qui allaient rester des jours.

— Tu es à moi, Clarisse. Tu entends ?

— Je suis à toi, Diogenes... fais-moi encore...

Il utilisa ses doigts et sa langue dans une synchronisation parfaite, m'explorant par derrière avec une audace qui me fit perdre tout sens commun. La troisième et la quatrième vagues se succédèrent si rapidement qu'elles se confondirent en un seul long cri de pur extase. Mon corps était en feu, chaque pore de ma peau réclamant plus, réclamant lui.

— Quatre, compta-t-il, sa voix vibrant contre mes reins. Encore.

Il me remit sur le dos, ses yeux gris brûlant d'un feu divin. Il retira son propre t-shirt, révélant son torse marqué mais guéri, puis son pantalon. Il était magnifique, une statue de guerrier prête pour la bataille. Mais il ne me pénétra pas. Pas encore.

Il s'allongea sur moi, son poids m'écrasant délicieusement contre le matelas. Il frotta son sexe contre le mien, créant une friction insupportable.

— Tu te souviens de ce que tu m'as dit à l'infirmerie ? murmura-t-il en léchant mon lobe d'oreille. Que tu voulais me faire payer chaque minute d'inquiétude ?

— Oui...

— C'est moi qui te fais payer, chérie. Pour avoir été si courageuse. Pour m'avoir attendu.

Il descendit à nouveau, mais cette fois, il utilisa ses mains pour m'ouvrir totalement. Il commença à utiliser ses doigts, un, puis deux, puis trois, les enfonçant profondément en moi tandis que son pouce faisait des ravages sur mon bouton de plaisir. Le rythme était effréné, sauvage. Je sentis la tension monter, une pression insoutenable au creux de mon ventre.

Le cinquième orgasme me fit voir des étoiles. Je crus que j'allais m'évanouir. Mon corps n'était plus qu'un amas de nerfs à vif, vibrant à chaque contact.

— Hector, s'il te plaît... je n'en peux plus... je veux te sentir à l'intérieur...

— Pas encore, mon amour.

Il remonta et s'assit sur mes cuisses, me forçant à le regarder. Il prit mes mains et les posa sur son torse, me libérant enfin.

— Touche-moi, Clarisse. Sens ce que tu as sauvé.

Mes doigts parcoururent ses muscles, ses cicatrices, la peau neuve là où le plâtre était. Je le griffai, je l'attirai vers moi, nos bouches se rencontrant dans un choc de dents et de salive. Il me pénétra enfin, d'un coup sec et profond qui me fit hurler de plaisir.

C'était le paradis et l'enfer en même temps. Il bougeait avec une force brute, chaque coup de boutoir me soulevant du lit. L'électricité statique dans la pièce était telle que des petites étincelles bleues commençaient à danser sur les draps.

— Regarde-moi, Clary !

J'ouvris les yeux et je vis l'orage. Ses yeux étaient devenus presque blancs, chargés de puissance. Le sixième orgasme fut une déflagration. Je sentis mes muscles se contracter autour de lui, le serrant à en avoir mal, alors que le plaisir me submergeait comme un tsunami.

Mais il ne s'arrêta pas. Il accéléra encore, ses mains agrippant mes hanches avec une telle force que je savais que j'aurais des bleus demain. Il était infatigable, une machine de guerre lancée à pleine vitesse.

— Je t'aime, Clarisse ! cria-t-il alors qu'il atteignait son propre sommet.

La décharge fut réelle. Une onde de choc électrique traversa nos corps liés, faisant griller l'ampoule au plafond dans un éclat de lumière bleue. Le septième et dernier orgasme me frappa avec une telle violence que je crus que mon cœur allait s'arrêter. C'était l'apothéose, une explosion de couleurs et de sensations qui me laissa vide, pantelante, totalement anéantie.

Hector s'effondra sur moi, son souffle court brûlant ma peau. Nous restâmes ainsi, enlacés dans le noir, le seul bruit étant celui de nos cœurs battant à l'unisson et le crépitement de l'ozone dans l'air.

— Sept, murmura-t-il finalement, sa voix n'étant plus qu'un souffle.

Je ne pus que laisser échapper un rire faible et épuisé.

— Espèce d'exhibitionniste, Diogenes. Tu as cassé ma lampe.

— Je t'en achèterai une autre. Une plus solide.

Il se redressa sur ses coudes, son visage à quelques centimètres du mien. Malgré l'obscurité, je voyais la tendresse dans son regard. Il passa sa main sur ma joue, ses doigts tremblant légèrement.

— Merci, Clary. Pour tout.

— Ne recommence jamais ça, dis-je en fermant les yeux. Je ne survivrais pas à une huitième fois.

— On verra demain, mon amour. On verra demain.

Il m'attira contre lui, me couvrant de son corps massif. La chaleur qui émanait de lui était mon seul réconfort. J'étais couverte de morsures, de griffures, et de marques rouges, mais je ne m'étais jamais sentie aussi vivante.

— Hector ?

— Oui, chérie ?

— Ton bras... ça va ?

Il bougea son bras droit, celui qui sortait du plâtre, et serra le poing.

— Il va parfaitement bien. Je crois qu'il a retrouvé toute sa force.

— Je confirme, grognai-je en sentant les courbatures déjà poindre.

Je me nichai dans le creux de son épaule, mes doigts traçant les contours de ses muscles. Le silence de la cabine cinq était paisible, pour une fois. Pas de cris de guerre, pas de bruits d'armes qu'on affûte. Juste nous deux.

— Tu sais, murmura Hector alors que le sommeil commençait à nous gagner, je crois que c'est la première fois que je me sens vraiment chez moi. Pas au Camp, pas chez ma mère. Juste ici. Avec toi.

— Pose ton armure, Diogenes, répondis-je en l'embrassant sur le torse. Tu n'as plus besoin de te battre ce soir.

— Avec toi, la bataille ne s'arrête jamais, Clary. Et c'est pour ça que je t'aime.

Je souris dans l'ombre. Il avait raison. Entre la fille de la guerre et le fils du tonnerre, il n'y aurait jamais de paix durable. Il n'y aurait que des trêves passionnées, des explosions de désir et des marques sur la peau pour prouver que nous existions.

Alors que je sombrais dans un sommeil profond, ma dernière pensée fut pour ce bras enfin libre, et pour toutes les façons dont il allait s'en servir dès demain. La guerre était finie pour aujourd'hui, mais l'orage, lui, ne faisait que se préparer pour la prochaine tempête.

Et j'avais hâte d'être au centre de l'œil du cyclone, encore et encore.